Flower of Life est un documentaire qui traite du processus de guérison de femmes pour retrouver leur corps suite à des violences vécues dans le milieu médical notamment en matière de contraception/gynécologie.

A plusieurs reprises, j’ai été interpellée sur l’utilisation du terme violence. Est-ce que ce n’est pas « trop » ? De quoi s’agit-il précisément ? Est-ce que tu veux parler de viol ? Autant pour les hommes que pour les femmes, cette notion de violence dans le milieu médical semble floue. Dès lors, il me parait important de revenir sur des notions de vocabulaire mais avant toutes choses, j'aimerais souligner que le message du documentaire se veut positif. Il est évidemment primordial de nommer les violences, pour les identifier clairement mais également d’en parler publiquement pour qu'elles cessent d'exister mais si certaines femmes sont victimes du système médical et patriarcal, je veux surtout les montrer comme des femmes fortes, comme des joyeuses battantes.

Les violences gynécologiques et obstétricales ont été introduites dans le débat public assez récemment, ce qui explique les zones d’ombre à l’heure actuelle. Le Venezuela en 2007, suivi par l’Argentine en 2009, s’est doté d’une loi punissant les violences obstétricales. Ces actes sont depuis considérés comme des infractions pénales. En Europe, la France se démarque car une étude de grande ampleur a été commandée en juillet 2017 par le Haut Conseil à l’Egalité pour les femmes et les hommes (HCE). Intitulée « Les actes sexistes durant le suivi gynécologiques et obstétrical », cette recherche, publiée le 29 juin 2018, dresse un état des lieux des violences gynécologiques et obstétricales et met en lumière les causes responsables de cette problématique. Il s’agit d’une reconnaissance politique importante.

Pour la Belgique, le combat est mené depuis 2013 par Marie-Hélène Lahaye, auteure du blog marieaccouchela, devenue figure de proue. Elle propose de définir les violences obstétricales de la manière suivante : « Tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé, qui n’est pas justifié médicalement et/ou qui est effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou de la parturiente ». Pour les violences gynécologiques, il est possible de se baser sur cette même définition et spécifier que cela se produit également pour les femmes suivies par un.e gynécologue.

Les critiques ne se sont pas faites attendre et des voix s’élèvent contre les termes utilisés pour décrire l’ensemble de ces faits. Concernant le terme violence, il peut paraitre rude de prime abord, cependant, les faits et les impacts correspondent à la définition de ce terme lorsque l’on se base sur celle proposée par l’OMS : « La violence est l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraine pu pique fortement d’entrainer un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès ».

Dans le concret, quelles formes prennent ces violences ? Je vais principalement citer des exemples de violences gynécologiques étant donné que le film se focalisera sur ce sujet et non les violences obstétricales :




 
 
 

« Travailler sur ce documentaire est un moyen d’affronter ce que j’ai refoulé au fond de moi. De prendre du recul. D’examiner les évènements que j’ai vécu avec plus de sérénité. De comprendre. De me réconcilier avec moi-même. De me pardonner. De faire à nouveau équipe avec mon corps. De doucement me libérer. C’est ce parcours que je souhaite raconter. J’avais besoin de ce film pour commencer mais aussi pour terminer ce processus de guérison. Je l'ai entamé seule mais à un moment, j’ai eu besoin d’entrer en contact avec d’autres femmes à qui on a ôté le droit d’habiter pleinement leur corps pour pouvoir réellement comprendre mon histoire. Elles font donc partie de la mienne à présent. Sans elles, je n’aurais pas compris tout ce que j’ai compris et, grâce à elles, je me suis libérée et ai pu faire la paix avec ce que j’ai vécu. L’expérience que nous allons vivre ensemble est le dernier cercle de ce processus. »

Chloé